Party girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis

Film d’ouverture de la sélection Un certain regard, Party girl de Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis a été, le 15 mai, diffusé à Cannes pour la première fois, portant sous les projecteurs l’histoire vraie d’Angélique (mère de Samuel Theis, incarnée par elle-même tout comme ce dernier !), entraîneuse dans un cabaret à la frontière franco-allemande. Cette dernière, âgée de soixante ans, mène une vie d’excès en tous genres, passe ses nuits à se saouler avec ses charmantes amies et ne finit ses soirées que rarement en compagnie de la même personne; mode de vie bancal qui va cela dit être remis en question lorsque l’un de ses clients réguliers, un dénommé Michel, la demande en mariage, faisant naître en elle la perspective d’un éventuel changement de vie, d’un retour sur la « bonne voie » tel que l’espèreraient ses enfants. De quoi satisfaire, du moins sur le papier, les exigences d’une sélection cherchant avant tout l’originalité du scénario et de sa démarche ; voyons ce qu’il en est !

Il faut l’avouer, aux premiers instants de la projection, tous les éléments semblent être réunis pour assurer une réussite à ce film: jeux de lumière attrayants, plans soignés, harmonieux, et musique plutôt sympathique nous donnent l’impression d’une réalisation appliquée et aboutie, qui n’a pas de mal à nous plonger dans l’intrigue, ainsi que dans l’atmosphère qui s’en dégage ! Puis, petit à petit, apparaissent les personnages, ces derniers affichant dès le début un caractère bien à eux, et surtout un naturel très frappant qui surprend d’autant plus qu’il se démarque des autres films cannois (enchainez avec celui-là après avoir vu Grace de Monaco, ça devrait faire son effet) ! Aussi sommes-nous agréablement surpris de croiser des personnages naturels, qui n’ont pas peur de se montrer tels qu’ils sont, de s’exprimer avec un accent très moche marqué et de s’habiller de manière plutôt…atypique. Enfin bon, s’ils semblent déjà intéressants de par la vie qu’ils mènent et les spécificités qu’ils n’ont pas peur de montrer, c’est tout de même le jeu des acteurs qui va véritablement leur donner toute leur consistance, notamment celui de Joseph Bour (Michel) et des deux fils d’Angélique, Mario et Samuel Theis, puis finalement de tout le casting, mis à part Angélique elle-même… Cette dernière, manquant fortement d’expressivité, nous fait malheureusement sentir qu’elle est tout sauf actrice – preuve que le fait d’attribuer à quelqu’un son propre rôle ne lui assure pas d’être crédible !

Quoi qu’il en soit, dans l’ensemble – si l’on oublie Angélique qui, manifestement, ne croit pas elle-même à ce qu’elle raconte ! – ces acteurs offrent un jeu plus que satisfaisant, et ce dans la peau de personnages qui, s’ils surprennent agréablement au début du film, vont très vite les desservir, et nous ennuyer du fait d’un manque cruel de personnalité! Parce que, non, il ne suffit pas qu’ils aient la grande gueule, parlent en patois lorrain et s’insultent en Allemand pour être intéressants. Et ça ne suffit pas non plus à donner du contenu à leurs conversations qui n’apportent, pour la plupart – seules celles des enfants d’Angélique présentent véritablement de l’intérêt – rien à l’histoire, ce qui est assez dommage puisqu’il y aurait tout de même beaucoup de choses à dire sur cette dernière; sur les doutes et les peurs de cette vieille employée de cabaret qui cherche en vain où est sa place entre ses enfants, sa nouvelle vie avec Michel, le cabaret… qui cherche tout simplement un juste milieu, un équilibre…Mais non, rien de tout ça n’est réellement exploité; lorsqu’il y a discussion, c’est finalement pour ne rien dire. Ainsi plonge-t-on progressivement dans l’ennui, ce qui est assez dommage lorsque l’on voit tout le travail, le soin accordé aux images, à la mise en scène, à la musique, tout cela dans le but de mettre en valeur une intrigue telle qu’il est rare d’en trouver, de par son originalité, mais également son authenticité !

En bref, si ce film doit présenter un intérêt quelconque, ce sera pour la beauté de certaines images, peut-être de certains passages clés, et pour ce que représentent les personnages, quand bien même ils finissent par nous décevoir au fur et à mesure qu’ils s’ouvrent à nous. Pour ce qui est de l’intrigue, elle aurait pour sûr été plus captivante si les personnages en question ne s’étaient pas montrés aussi inintéressants. De ce fait, convaincus que, si l’intérêt ne vient pas tout spécialement de ces derniers, il viendra forcément de l’intrigue, on passera la majeure partie de la projection à attendre un rebondissement qui n’arrivera jamais !

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